1/ Après avoir exercé le métier d’animateur radio, de chanteur et de comédien, vous abordez aujourd’hui un nouveau domaine avec l’écriture de ce premier roman. Est-ce que l’idée vous trottait dans la tête depuis longtemps ?
Cela faisait 15 ans que je voulais écrire cette histoire. Jusqu’à présent j’ai écrit de nombreux textes, mais essentiellement sous des formes très condensées. C’est le cas de mes chansons ou de mes sketches, où l’exercice est de raconter des histoires en un minimum de mots, pour ne garder que l’essentiel. J’étais fasciné et angoissé à l’idée de réussir à tenir le lecteur en haleine pendant des dizaines de pages, un exercice qui est donc totalement nouveau pour moi. Ce qui me plaît dans le roman, c’est que l’on peut tout s’autoriser, entrer autant qu’on le veut dans les détails. Je ne me suis jamais rien interdit.
2/ Pourquoi une histoire sur le Grand Amour ?
Parce que je suis un grand romantique ! Le romantisme est la seule chose qui reste gratuite aujourd’hui, on ne maîtrise rien, on se met en danger en permanence. Quant au « Grand Amour », c’est fou de se dire qu’il y a quelqu’un qui vous est prédestiné. Pour ma part, je crois au destin, contrairement au héros du roman. Le mystère de l’amour et de ses effets me fascine. Pourquoi une personne et une seule serait l’être « élu », alors qu’il y a des milliers (voire des millions) de possibilités ? Je ne crois pas à la femme d’UNE vie mais à la femme de MA vie.
3/ Cette nouvelle aventure n’est-elle pas un pari dangereux ?
Il y a deux sortes de gens : ceux qui ont besoin d’être rassurés par ce qu’ils savent faire et ceux qui cherchent à se renouveler. Pour ma part j’ai toujours aimé explorer de nouveaux horizons, quitte à passer pour un fou. Quand j’étais au Cours Florent et que je suis entré en parallèle à la radio, les professionnels du théâtre m’ont dit que si je devenais animateur, je ne pourrais JAMAIS être acteur ou chanteur. La suite a démontré le contraire. Quoiqu’il arrive, je fais un métier où je m’expose aux critiques. Le principal pour moi est de donner du plaisir à mon public. Je ne suis pas carriériste. La prise de risque est un moteur pour moi, même si, comme tout le monde j’ai peur. C’est l’imprévisible et la finitude des choses qui en font la beauté.
4/ L’histoire d’amour entre les deux principaux protagonistes est-elle autobiographique ? Qui vous a inspiré la création des personnages ?
Le point de départ de l’histoire, la rupture inexpliquée et soudaine entre les deux personnages, est effectivement autobiographique. Une femme dont j’ai été éperdument amoureux est partie un jour subitement, sans laisser d’adresse, pour vivre aux Etats-Unis. Ce qui m’avait perturbé c’était la préméditation de l’acte, car elle préparait son départ depuis des mois sans que personne ne puisse l’imaginer. Concernant les personnages secondaires, on retrouve chez eux certains traits de caractères de mes amis proches, mais aucun n’est la copie exacte de l’un d’entre eux. Quant à mon personnage principal, il est très éloigné de moi dans sa psychologie. Le point commun entre nous deux est notre métier de comédien. S’il n’a jamais vraiment dû se battre pour obtenir des rôles et que sa carrière ressemble donc à un long fleuve tranquille, en revanche sa vie amoureuse est bien plus douloureuse que la mienne.
5/ Croyez-vous au Grand Amour ?
Oui, j’y crois… enfin à un instant précis. Ou plutôt j’adorerais y croire. Au début, on pense que c’est pour la vie, mais les statistiques m’ont rendu réaliste.
6/ Considérez-vous ce livre comme une thérapie ?
Fatalement, oui. J’y ai mis mes angoisses, mes peurs, mes souffrances. Un premier livre est souvent partiellement autobiographique, c’est le cas pour moi sur les traits de caractère des personnages. Il est certain qu’il est toujours plus facile de commencer par parler de soi et de ce que l’on connaît.
7/ Ne trouvez-vous pas le personnage principal un peu « attentiste » ? Qu’est-ce qui selon vous le conduit à hésiter ?
Julien n’est pas attentiste, il est dépassé. Il a tout de même le courage de prendre des risques, il met en place une relation avec Sophie, malgré ses multiples hésitations. Il prend aussi le risque de tromper sa femme de manière délibérée. Il est lâche, mais pas attentiste et surtout victime de ses sentiments. En amour tout nous échappe, le calcul ne mène à rien et plus on essaie de maîtriser les choses, moins cela marche. Dans la scène qui se déroule à Bali, il se pose pour la première fois la question des conséquences de son élan amoureux et de la destruction potentielle qu’il peut engendrer. C’est cette prise de conscience qui lui fait rebrousser chemin.
8/ Vous avez une tonalité très proche du langage oral. Un choix délibéré ?
Je ne me considère pas comme un littéraire et je n’ai pas voulu aborder l’écriture de ce roman de manière intellectuellement malhonnête. Mon métier est de parler aux gens, de leur raconter des histoires qui leur sont proches. C’est le point commun de tous les métiers que j’ai exercés (comédien, chanteur, humoriste, animateur radio). Ce qui caractérise le plus ma démarche en tant qu’artiste, c’est mon style, ma façon d’établir des relations avec les autres et de parler d’eux, avec humour et tendresse. Mon roman comporte beaucoup de dialogues, j’avais envie de le rendre vivant. Je l’ai pensé un peu comme un scénario, je voyais les images défiler sous mes yeux au fur et à mesure de l’écriture. Je suis d’ailleurs en train de travailler sur l’adaptation au cinéma du livre, j’ai déjà mis des noms d’acteurs sur certains des personnages.
9/ Dans votre roman, il y a beaucoup de références aux années 80-90. Cette période vous rend-elle nostalgique ?
Je ne suis pas quelqu’un qui sombre facilement dans la nostalgie, je préfère me projeter dans l’avenir. J’ai tendance à n’être jamais satisfait de l’instant présent. Mais il est vrai cependant que cette période m’a beaucoup marqué. Les années 80 ont été celles de mon adolescence, c’est là que se forgent des souvenirs qui vous restent toute votre vie, c’est là aussi que naissent les premiers émois amoureux. Musicalement, cela a été une période dorée et d’une grande liberté, c’était le début des radios FM, tout restait à inventer.
10/ Quels sont vos prochains projets ?
Je travaille actuellement à l’adaptation cinématographique de Un jour peut-être et ai entamé en parallèle l’écriture d’un deuxième roman. Je viens de tourner une série humoristique 'Pas sorti de l'auberge' pour RTL-TVI, une chaine de TV Belge. Depuis le mois de mars dernier, j'ai accepté la proposition d'Arthur de rejoindre Oui FM., je suis à l'antenne tous les jours de 16h à 19h...La radio reste l'un de mes métiers préférés. Par ailleurs, je viens de finir un nouveau roman 'Il existe quelqu'un'. J'en suis à la correction et je commence à la faire lire. C'est le plus difficile à vivre, mais aussi le plus important pour avoir un vrai recul sur l'histoire. De manière générale, je choisis mes rôles sur un coup de cœur, je n’ai pas de « plan de carrière ». J’adorerais par exemple jouer le prochain James Bond ou une comédie romantique. L’appel est donc lancé !
11/Quelles sont vos influences littéraires ?
Je n’ai pas de référence particulière, plutôt des genres que j’affectionne, comme le thriller par exemple. C’est l’histoire avant tout qui m’intéresse, aussi bien en tant que lecteur qu’auteur. Je citerais plus spontanément des films qui m’ont bouleversés comme Nos plus belles années, avec Robert Redford et Barbra Streisand, réalisé par Sydney Pollack, ou bien L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison, avec Steve Mc Queen. Dans le genre romanesque, je me sens assez proche d’Alexandre Jardin mais aussi de Marc Lévy. J’aime son côté « décomplexé ». Au niveau du théâtre, j’ai dû lire tous les grands classiques lorsque j’étais au Cours Florent (Sheakespeare, Goldoni, etc.), mais encore une fois, ce qui me touche c’est davantage l’histoire que la forme.
12/ Votre roman est truffé de mots d’humour et on ne peut s’empêcher de sourire en « écoutant » vos personnages. Est-ce que vous parlez comme eux dans la vie ?
Oui je parle comme eux. Ce roman est avant tout un dialogue générationnel, dans lequel je crois que beaucoup s’y retrouveront. Le roman montre bien, je crois, la réalité actuelle des rapports homme-femme. L’homme est un animal reproducteur, chasseur, dans le jeu permanent. Il prend conscience des conséquences de ses actes lorsqu’il est déjà trop tard. La femme, si elle peut apparaître parfois comme simple objet du désir, a finalement toujours le dernier mot !
13/Pourquoi publier chez Silver ? Ce n’est pas un éditeur habitué du genre ?
Précisément parce que ce n’est pas un éditeur « habitué du genre ». Lorsqu’on est un « jeune » auteur, travailler avec des gens qui s’investissent autant dans votre histoire et dans le succès de votre livre est une chance inestimable. En dehors du fait que j’espère rencontrer un large public en tant qu’auteur, mon leitmotiv est de vendre suffisamment de livres pour qu’ils ne perdent pas d’argent. Toute une équipe s’est mobilisée autour de moi avec un objectif commun et une vision partagée. Mon éditeur me ressemble. C’est une maison de passionnés, ils ont le goût du risque et ont su garder leur optimisme intact. Cela n’arrive généralement que dans les films, mais c’est mon éditeur en personne qui a lu mon manuscrit. Il m’a appelé dès le lendemain pour m’annoncer qu’il voulait me publier. Chez Silver, ce livre est donc avant tout l’histoire d’une famille et d’une équipe, qui s’est réunie autour d’un premier roman.
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